Justine Augier – De l’ardeur

91Ia0otG3gL

De l’ardeur est un essai de Justine Augier paru en septembre 2017. Acclamé par la critique lors de sa parution, il a reçu cet automne le prix Renaudot Essais.

Ce texte dépeint l’univers entourant Razan Zaitouneh, une avocate syrienne faisant face au système pour défendre les droits de l’homme dans son pays. Après plus de dix ans passés à lutter, elle est enlevée à la fin de 2013 dans la ville de Douma, son dernier refuge face aux forces du gouvernement.

Il s’agit d’une histoire complexe dans laquelle Justine Augier tente de s’immiscer, avec la volonté de rendre hommage à celle qui constitue un symbole pour des centaines de milliers de Syriens : la défiance de ses premiers interlocuteurs peut sembler légitime, opposés au projet qui implique un regard étranger, biaisé, sur une page de l’histoire qu’ils sont seuls à vivre de l’intérieur. Cela ne rebute pas l’écrivaine, qui persiste et signe. Pour être acceptée au sein du groupe, l’auteur entreprend un véritable parcours d’adaptation, compensant les années par une lecture intensive de littérature syrienne. Cela inclut les articles de Razan Zaitouneh, ainsi que les portraits, les émissions lui étant consacrés, rencontrant sa famille, ses proches, les militants pour qui elle représente encore un exemple, et bien d’autres.

Le travail de documentation et d’enquête est d’ampleur, quitte à dérouter le récit par des images, des citations, des témoignages. Une toile de fond se constitue, que l’auteur s’attache à compléter en la commentant, la justifiant parfois, digressant souvent. Sa passion, communicative, semble si forte qu’elle-même ne souhaite pas arrêter d’écrire, pour pouvoir faire partie de ce cercle de “ceux qui ont connu Razan”.

Dans un ancien article écrit dans les faubourgs de Damas, Razan Zaitouneh livrait ses espoirs pour le peuple syrien en une élégante citation : « La route est encore longue, elle est semée d’obstacles et de mines. Au bout, elle est encore bloquée et, par-delà, c’est l’inconnu. Plus tard, après le siège, après la révolution, après la guerre, il y aura toujours ce rêve unique qui nous unit. C’est comme si, munis de pioches, nous formons une longue chaîne humaine qui avance lentement, qui avance sûrement, vers la fin de la route. Béni soit celui qui y parviendra ! »

Cet ouvrage conviendra particulièrement à un public universitaire, qui sera plus à même de percevoir les enjeux liés à l’ouvrage.

Une réflexion sur « Justine Augier – De l’ardeur »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s